La Gestalt-thérapie

Inventée par Fritz Perls, la Gestalt-thérapie est une des psychothérapies du courant humaniste les plus répandues. Elle aide à avoir une vision globale de soi-même pour mieux comprendre comment nous fonctionnons.

En gestalt-thérapie, on cherche à développer une vision d’ensemble de soi-même. C’est ce que Fritz Perls a résumé par « Gestalt », du verbe allemand gestalten, « mettre en forme, donner une structure signifiante ». Autrement dit : chaque élément travaillé – par exemple, la façon dont on s’exprime face à autrui – est toujours replacé dans son contexte global, mis en relation avec les autres éléments de notre personnalité.

Historique

Fils d’un négociant du ghetto juif de Berlin, Friedrich Perls (dit Fritz) a déjà en poche son doctorat en médecine lorsqu’il entame sa première psychanalyse (il en fera trois autres dont la dernière avec Wilhelm Reich, le précurseur de la bioénergie), avant de fuir l’Allemagne nazie pour s’installer en Afrique du Sud. En 1942, devenu un psychanalyste de renom, il publie son premier ouvrage, qui critique et révise les théories de Freud, et amorce la rupture avec ses collègues et la communauté psychanalytique internationale.

Pour être en accord avec lui-même, il abandonne sa riche clientèle et sa vie confortable, afin d’émigrer aux Etats-Unis, en 1946. Il mène outre-Atlantique une vie de bohème, fréquentant les intellectuels de la nouvelle vague. Marginal, Perls ne se plie guère aux conventions sociales et exprime toujours spontanément et directement ce qu’il ressent. Cela ne plaît pas à tout le monde mais il ne fait aucune concession : il expérimente ainsi, en lui-même, l’expression directe, l’une des clefs de sa méthode. En 1951, il publie “Gestalt Therapy”. Un flop total. Mais il persiste, enseignant sa méthode dans tout le pays. Celle-ci est demeurée néanmoins assez confidentielle jusqu’à ce que le magazine “Life” publie, en 1968, la photo de Perls en couverture, titrant ainsi : «Voici un homme qui vit dans l’authenticité absolue et incarne ce qu’il professe !»

A une époque où l’on recherchait de nouvelles valeurs, la chose était assez rare pour être signalée… Le public afflue alors à ses stages, et la Gestalt-thérapie sort de l’ombre. Il peut enfin réaliser son rêve : fonder une sorte de kibboutz où chacun peut « vivre la Gestalt 24 heures sur 24 ». Le projet voit le jour sur l’île de Vancouver. Perls meurt deux ans plus tard.

La méthode

La gestalt-thérapie s’intéresse à la manière particulière que chacun a d’appréhender l’expérience, de se représenter le monde et de lui donner sens.

Chaque perception du monde est unique.

La gestalt-thérapie se situe dans une perspective dynamique : elle s’intéresse au processus, au « comment » plutôt qu’au « pourquoi ». Elle cherche moins à expliquer l’origine des difficultés qu’à mettre en mouvement et à expérimenter le changement en plaçant la personne comme actrice du changement.

Son principe dans le vif de la séance : Porter très finement votre attention sur les éléments qui composent votre vie : vos pensées, préoccupations, sensations, états d’âme, souvenirs, imaginaire, votre comportement, votre passé, votre psychisme ou votre corps, pour tenter de mettre de la conscience sur les différentes et indissociables facettes de votre vécu.

Elle peut accompagner un désir de mettre à jour les représentations et les croyances limitantes. Pour y parvenir, le gestalt-thérapeute nous invite à partir à la découverte de soi en mettant à jour votre vécu douloureux : peurs, honte, colère, tristesse, anxiété, angoisse… ou heureux : joie, plaisir, douceur…il s’agit de les remettre dans leur contexte, leur donner une légitimité, les valoriser. Et peu à peu, en fonction de l’histoire de chacun, vous pourrez découvrir qu’il y a derrière chaque vécu douloureux un désir de vivre, de créer, de prendre part au mouvement de la vie.